Le
samedi 2 juillet 2005, à Nice, grâce à l’Institut
de Recherches et d’Études Pluridisciplinaires sur le Comté de
Nice et l’Europe (IREP-COME), s’est déroulée
une rencontre franco-italienne sur un thème absolument nouveau
en France, celui des descendants de Giuseppe Garibaldi. Si nous connaissons
bien l’histoire du Héros des deux Mondes, la vie, les
engagements et les choix politiques de ses enfants, Menotti, Teresa
et Ricciotti, et de ses petits-enfants tels les fils de Ricciotti,
Giuseppe dit Peppino, Menotti, Ricciotti junior, Sante, Bruno, Costante
et Ezio restent encore à approfondir.
Au
cours de la matinée, les interventions portèrent sur la deuxième
génération. Simone Visciola, jeune et brillant
chercheur de l’université de Florence, montra le lien indéfectible
et fondement du garibaldisme qui exista entre Volontariat dans le Risorgimento
et construction du mythe de Garibaldi. Sa contribution permit de dresser un
bilan synthétique de cette histoire de la construction italienne à laquelle
Garibaldi contribua de façon décisive, et dont ses descendants
devinrent les héritiers. Zeffiro Ciuffoletti, professeur
ordinaire à l’université de Florence, évoqua la
vie de l’aîné des Garibaldi, Menotti, sorte de soldat-paysan à la
Cincinnatus, qui après s’être couvert de gloire auprès
de son père sur les différents théâtre d’opérations
de ses aventures, en 1859, 1860, 1866, 1867, et encore en 1870-1871 en France,
se dévoua à la bonification de terres touchée par la malaria,
et s’engagea en faveur des populations les plus misérables de
l’Italie. Annita Garibaldi Jallet, arrière petite-fille
du Héros par son père Sante, raconta la vie de sa grand-tante,
Teresa ou Teresita, fille cadette de Garibaldi. Une vie difficile, sur l’île
de Caprera, avec un père vigilant et autoritaire, mariée à 16
ans avec le brillant Canzio dont elle eut seize enfants, avant de mourir
en 1903. Enfin Giuseppe Monsagrati, professeur ordinaire à la
Sapienza de Rome, décrivit l’héritage difficile du dernier
des fils de Garibaldi : Ricciotti, son enfance privée d’affection
et loin des siens, ses aventures courageuses auprès de son père,
comme en France en 1870, dans l’armée des Vosges, à la
tête de la 4e brigade, mais aussi ses difficultés financières,
et sa volonté décisive de reprendre le flambeau d’une tradition
garibaldienne qu’il avait contribuée à conceptualiser à la
mort de son frère aîné, Menotti en 1903. Aussi, Ricciotti
devint le Garibaldi, l’Héritier qui sut retrouver les accents
romantiques de l’engagement garibaldien en faveur des peuples opprimés,
en Grèce en 1897 et 1912, et en France en 1914-1915. Ce fut grâce à lui
que la troisième génération put à son tour perpétuer
la tradition garibaldienne. Hubert Heyriès |
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